Le 8 janvier dernier sur le coup de 04h30, un agriculteur de 36 ans habitant Pepinster est réveillé. Il surprend deux hommes qui tentent de rentrer par effraction à son domicile. Avec son épouse, il s’efforce de les faire fuir. Chasseur à ses heures, il va chercher une arme et sort de l’habitation.

Agressé par les deux hommes, le Pepin les prend en chasse et somme l’un d’eux de s’arrêter. Il s’agit de Rexhep T. Il refuse d’obtempérer. «Il a alors fait un mouvement dans sa veste. J’ai craint pour ma vie et celle de mes proches. Je le pensais armé et j’ai tiré», explique la victime à la barre.

Une cartouche de plomb, et non en caoutchouc, atteint le voleur dans le dos. Il est criblé de 300 grenailles et le risque de saturnisme est bien réel, d’après son avocat, qui réclame la condamnation du tireur alors que le parquet requiert l’application de la légitime défense, car «ses proches étaient toujours en danger», relève la substitute Peturkenne.

Rexhep T. risque, lui, quatre ans ferme en raison de ses 10 condamnations en France ainsi que son manque de collaboration dans l’enquête. Le prévenu était porteur, lors de son arrestation, d’un faux passeport et d’une fausse carte d’identité.

De multiples faits reprochés au caïd

Sa réelle identité le rattache à Marseille où il a manifestement joué ses dix dernières années un rôle important au sein de la pègre locale. «Carlo», qui a passé 9 ans derrière les barreaux, a été condamné en 2000 à 5 ans pour menace de crimes sous conditions et association de malfaiteurs.

Il est connu pour des faits de grand banditisme, association de malfaiteurs, prises d’otage, vols avec violence, menaces, stupéfiants ou encore de port d’arme.

Sa dernière condamnation, devant le tribunal de grande instance de Marseille, remonte à 2011: il écope de 4 ans pour un important trafic de stupéfiants et fait depuis l’objet d’un mandat d’arrêt européen.

Après avoir séjourné en Alsace, il arrive en Belgique en octobre 2012. Lors de l’enquête sur les faits de Pepinster, l’Albanais fournira peu d’explications convaincantes sur ses activités et les raisons de sa présence dans une propriété privée.

Il fait également l’objet d’un mandat d’arrêt européen délivré par les autorités judiciaires de Strasbourg dans le cadre d’une enquête sur de violents cambriolages dans la région alsacienne. Il est le présumé chef de gang et encourt, au même titre que ses quatre comparses, actuellement sous les verrous, une peine de 30 ans de prison.

Le jugement du tribunal de Verviers sera rendu le 2 septembre.